Bienvenue chez les Yis! Mianning – Chuxiong

 

Du 2 au 10 décembre

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Après seulement un jour de repos nous avons décidé de reprendre la route. Max a versé une petite larme au moment de changer son pneu recousu avec amour. Même le mécano vélo est mort de rire en voyant la réparation. Il règle le dérailleur capricieux de Sabrina, découpe le porte bagage avant de Max et pose un nouveau pneu. Le tout pour 6 euros.

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Nous avalons dans l’aprem les 90km qui nous séparent de Xichang sans faire de photos. La vallée est moche et inintéressante.

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Le soir nous dormons dans la ville des taïkonautes. Il nous faudra deux jours supplémentaires pour nous extirper de cette vallée et repartir dans des coins plus sauvages, loin des maisons carrelées. Le quatrième jour, les cultures en terrasse apparaissent dans ces paysages vallonnés.

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La route est magnifique et ça nous file la banane.

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Quel bonheur de rouler en tee shirt par 20°C et de trouver à manger partout. Le campement du soir était parfait jusqu’à ce que Sabrina, alias le souffle du dragon,  en tentant de faire du feu, manque d’enflammer toute la colline.

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Même si nous avons quitté la haute montagne, les dénivelés sont importants dans le Nord de la Chine avec en moyenne 1200m par jour.

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Heureusement, ce matin ça descend.

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20km de bonheur sur cette route sinueuse qui nous emmène bien plus bas au bord de la rivière Jinsha Jiang.

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Le seul pont en vue est en construction et fermé à la circulation. Nous embarquons sur une barge pour atteindre l’autre rive.

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On comprend mieux pourquoi cette route toute neuve est déserte, les voitures ne peuvent pas traverser tant que le pont n’est pas fini. Une vraie piste cyclable. De l’autre côté, 30km de montée nous attendent. Qu’importe l’effort, les paysages nous plaisent. Ce soir la reine des courges c’est Sabrina.

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Après l’avoir trouvée dans un champ, s’être entaillée la main en la découpant et l’avoir cuisinée au feu de bois, j’appelle Max pour le dîner. La première bouchée nous anesthésie la langue, la seconde nous rend malade, Max crie au scandale, t’es sûr que c’est de l’huile alimentaire ? 😉 A cause de cette huile chinoise, ce soir nous nous couchons le ventre vide. Le lendemain, nous atteignons Yongren à 13h après 44km. La fatigue se fait sentir, nous n’avons fait qu’une journée de pause depuis le 18 novembre.  Sur les 500km parcourus depuis Mianning, seulement 300 étaient inscrits sur cette maudite carte. Aux dernières nouvelles, nous venons de rentrer dans le Yunnan chez les Yis que nous apprécions particulièrement pour leur gentillesse et leur spontanéité.

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Le 9 décembre, nous reprenons la route frais et dispos.

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Nous ne sommes plus qu’à 180km de Chuxiong, nous n’avons jamais été aussi près du but.

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Nous roulons tranquillement jusqu’à Dayao pour profiter pleinement des paysages.

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Le 10 décembre, nous ne sommes plus qu’à 110km de Chuxiong, ça sent l’écurie. Nous roulons tambour battant lorsque Max pête sa chaîne. Pas de répit pour les bikers.

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Un coup de dérive chaîne et c’est reparti. La route est de plus en plus défoncée mais remontés à bloc nous roulons tête dans le guidon pour le sprint final. Nous atteignons  Chuxiong après 6h de vélo où nos 5 mois de voyage prennent fin.

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C’est le cœur gros que nous quittons cette vie de vagabond. Il est plus facile de partir en voyage que de rentrer. 3m² nous suffisaient pour planter la tente et nous sentir chez nous tandis qu’il nous fallait des centaines de km de route pour être libre.  Nous rentrons dans notre cher Sud Ouest des images plein la tête. Ce voyage est à peine terminé que nous pensons déjà au prochain : à pied, en vélo ou en moto ? Chez les kiwis, les kangourous, les esquimaux, les trappeurs ou les cowboys.

 

Le voyage en chiffre

  • 5 mois de vélos
  • 5 pays traversés
  • 505 heures à pédaler
  • 7300km à vélo dont 1700km sur piste
  • 2000km en train
  • 200km en bus
  • 72000m de dénivelé
  • 14,45km/h de moyenne à vélo
  • 3 jours de pluie
  • Température max : 50°C (Bucchara)
  • Température min : – 15°C (Danba)
  • Altitude max : 4650m
  • Altitude min : 500m
  • Journée la plus difficile : 20km en 5h (Song Kol)
  • Journée la plus facile : 140km en 6h (Korla)
  • Dénivelé max en 1 jour : 1870m

 

Les pannes

  • 3 crevaisons
  • 1 pneu déchiré
  • 1 roue libre cassée
  • 1 cercle de jante fendu
  • L’écrou de collier de selle cassé
  • 1 chaîne cassée
  • 1 câble de frein cassé
  • 1 écrou cassé dans le tasseau de frein
  • Les sacoches de Max maintes fois recousues
  • Le dérailleur de Sabrina réglé plus de 10 fois

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C’est le dawa! Wenchuan – Mianning

Du 18 au 30 novembre

Nos visas en poche, nous repartons en bus pour Wenchuan afin de récupérer nos vélos. La région est tristement célèbre pour son tremblement de terre qui a eu lieu en mai 2008.Comme l’autoroute toute neuve est interdite aux vélos, nous prenons les vestiges de la route secondaire.

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Parfois bloqués par des ponts écroulés, des tunnels fermés et la route effondrée, nous sommes obligés de passer les vélos par-dessus la glissière de sécurité de l’autoroute sous l’œil endormi des policiers. Le soir nous arrivons à Yingxiu situé à 900 mètres d’altitude qui semble être une station balnéaire endormie pour l’hiver. Alors que nous quittons la ville nous comprenons enfin son attrait touristique. Attirés par les stands de brochettes et de souvenirs nous tombons sur les ruines du tremblement de terre conservées et transformées en parc à touristes. Une pancarte à l’entrée précise de ne pas rire. Tant de voyeurisme nous écœure, nous préférons fuir. La route censée nous élever dans les montagnes est dans un triste état. A cela s’ajoute les nombreux tunnels non éclairés et boueux. L’occasion pour Max de rassurer Sabrina en lui racontant la série « The walking dead ».L’enfer s’arrête après Wolong et nous trouvons campement dans un village à côté du terrain de basket. Les paysages sont merveilleux le long de cette rivière que nous remontons. Nous attaquons sereinement le col, nous devrions en avoir pour deux heures. Selon Max, le col ne devrait pas dépasser les 3500 mètres, vu que les sommets alentour ne sont que des 4000. Il est 18 heures, nous n’avons plus d’eau, plus de nourriture et le col n’est toujours pas en vue. Désespéré, Max tend sa bouteille vide au bord de la route. Par chance, un camion chargé de clémentines s’arrête, nous offre un demi-litre d’eau et 1 kg de son chargement.

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Il est 19 heures, nous avons fait 1870 mètres de dénivelé et aucun campement n’est possible sur cette route à flanc de montagne. Nous trouvons refuge dans le bureau du boss d’une usine à 3900 mètres d’altitude.

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Nous ne sommes toujours pas arrivés à bout de ce col. Réveil plus que matinal dans le froid et la bonne humeur, un col nous attend.

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L’ascension au plus près des sommets enneigés est splendide.

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De là où nous sommes nous voyons en contre bas l’usine où nous avons passé la nuit et le fameux col.

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Quelques coups de pédales et une heure plus tard, nous atteignons le sommet à 4480 mètres d’altitude.

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Comme d’habitude la descente est géniale mais de courte durée. En bas un touriste chinois nous offre 4 snickers pour nous récompenser. Après 95 km nous arrivons à Dawei où nous pensons nous reposer. Alors que nous cherchons un hôtel, un conducteur distrait manque de faucher Sabrina et avance droit sur Max. Je hurle et tape un grand coup sur le capot pour l’arrêter. Enervé, je rejoins Sabrina lorsqu’un morceau de bois passe non loin de moi. Une femme hystérique fonce sur moi avec l’intension de ne pas me louper cette fois ci. Le chauffeur la rejoint et tente de m’immobiliser en vain. Alors qu’ils se jettent sur mon vélo Je cours demander de l’aide à une voiture de police. Nous sommes tous cordialement invités au commissariat pour nous expliquer. Nos dépositions sont prises à l’orale dans la salle d’attente. Les tibétains veulent porter plainte contre Max pour avoir abimé leur voiture. L’interprète nous explique que la scène a été filmée par une caméra de surveillance. La vidéo montre l’extrême violence de ce couple envers Max. Ceci risque gros et retirent leur plainte. L’affaire se termine au bout d’une heure par une poignée de main entre Max et le chauffeur, photo à l’appui. Nous nous retrouvons seuls au commissariat et toutes les jeunes policières en profitent pour se prendre en photo avec Max. Nous quittons cette ville avec un gout amère, bien décidé à camper loin de toute civilisation. Bref, c’est une journée sans rencontre et sans histoire. Aujourd’hui nous remontons tout ce que nous avons descendu la veille. Encore un col qui selon la théorie de Max n’aurait pas dû dépassé les 3000 mètres et qui culmine à 4000.

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Nous profitons de la descente à 50km/h pour doubler les tibétains en motos aux trajectoires plus qu’aléatoires.

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Une fois n’est pas coutume, nous remontons la rivière pour atteindre un col à 3900 mètres. Max abandonne alors toutes ses théories.

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Nous redescendons nous restaurer dans la charmante petite ville de Tagong puis rencontrons des chinois passionnés de photo aérienne.

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Ils nous offrent des chaufferettes et nous souhaitent bon courage pour la suite.

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Nous arrivons à Xin Du Qiao frigorifiés et dormons chez l’habitant pour 8 euros internet compris.

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Vers 23 heures la maison tremble de toute part. Max râle, il n’y a plus internet. On frappe à la porte, il faut évacuer l’immeuble. Sabrina comprend vite l’urgence de la situation, un tremblement de terre a eu lieu. Il faut sortir en prévision d’autres secousses. Max rechigne à quitter son lit, il fait trop froid dehors. Nous nous retrouvons tous dans la cour intérieure emmitouflés dans des couvertures Barbie, Mickey, Nemo… Sabrina ne voit rien, elle retourne chercher ses lunettes dans la chambre. Plus de peur que de mal, nous explosons de rire et retournons tous nous coucher. Nous poursuivons la descente, les paysages sont beaux. Nous choisissons notre campement en gardant à l’esprit que la région est sismique.

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Cette nuit encore la terre a tremblé. Toujours dans les montagnes russes du Sichuan, nous remontons.

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A 15 heures l’asphalte disparait mais le col est en vue. Sabrina file bon train malgré son dérailleur défaillant. La récompense est de taille : à 4500 mètres la vue est magnifique.

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Ce soir nous campons parmi les yaks. Nous passons la nuit la plus froide de notre voyage. Par -15°C tout habillés et équipés de chaufferettes nous avons chaud dans nos sacs de couchage.

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Nous arrivons à Joulong à l’heure du déjeuner. L’asphalte disparait pour de bon et laisse place à une piste défoncée. Max crève de l’arrière et pose le diagnostic : le pneu est déchiré sur le flanc.

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Nous nous arrêtons pour aujourd’hui. Pendant que Max recoud son pneu avec du fil de pêche Sabrina monte le campement.

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Nous mangeons de la poussière toute la journée dans cette vallée encaissée et peu accueillante. Le seul moment agréable est de se doucher dans une cascade au bord de la route.

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Après une journée pareille il est de bon ton de camper dans un champ de navets. La température monte, les paysages sont plus jolis mais les maisons chinoises aux façades carrelées tranchent avec les maisons tibétaines en pierre.

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A 1700 mètres la piste quitte la rivière et remonte dans les montagnes. Un nouveau col nous attend. Dans un village, un chinois nous accueille deux bières à la main. Il nous invite à partager son repas et à dormir dans sa ferme. Nous repartons le ventre plein à l’assaut du col.

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Au cours de l’ascension des bucherons nous offrent un bol de riz pour nous encourager. De l’autre côté la descente est physique et poussiéreuse. La réparation du pneu tient le coup. Nous sommes soulagés d’arriver à Mianning.

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Le plateau des mille yacks, Korla – Wenchuan.

 

Du 27 octobre au 12 novembre

Nous sommes restés 4 jours à Korla pour manger, boire et reboire. Nous en profitons même pour changer les freins de Max. On a viré les cantilevers et on a mis des V brakes. Nous embarquons confiant dans le train, l’arrivée est prévue pour demain matin 5h.

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Nos vélos nous devancent dans un train de marchandise. Il est 22h, le train démarre. La nuit va être longue sur ses banquettes à angle droit. Le wagon est bondé et c’est la première fois que nous expérimentons la promiscuité avec les chinois. On comprend vite pourquoi le contrôleur passe la serpillère toutes les deux heures : pendant que les uns dorment à même le sol, les autres crachent, jettent leurs emballages et leurs nourritures sur ce même sol. Certains poussent même le vice à faire uriner leur enfant entre deux wagons. Le doux parfum de pisse éveille notre odorat de même que la symphonie de rôts émerveille notre ouïe. Au petit matin nous tendons notre billet au contrôleur : Lanzhou ? Celui-ci nous fait comprendre que nous arriverons à 17h… Fatigués, le ventre vide et sans provisions, nous prenons notre mal en patience. En fin d’après midi sentant notre libération proche, nous retournons voir le contrôleur : Lanzhou ? Amusé, celui-ci nous explique que n’nous n’arriverons que le lendemain à 5h… Après deux nuits presque blanches où nous avons surtout broyé du noir, nous arrivons enfin en gare de Lanzhou après 31h de train. A 7h du matin, nous récupérons enfin nos petits vélos et nous décidons de prendre directement la route. Les 30km pour sortir de la ville sont particulièrement pénibles sous la neige. Le soir nous arrivons exténués à Yongjing après 80km. Nous trouvons une auberge à 8 euros la chambre ! Seul hic, la douche sert aussi de pisseautoire… Ce deuxième jour s’enchaine et les paysages nous déçoivent encore.

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Entre ses villes building au milieu de nulle part et ses autoroutes qui saignent la montagne nous arrivons dépités à Linxia.

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Ca monte dans les montagnes et les paysages deviennent beaux. Nous apercevrons nos premiers temples bouddhistes et traversons quelques villages tibétains.

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Après une nuit bien fraiche sous la tente, nous atteignons Hézuo en fin de matinée.

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Alors que nous cherchons un endroit où camper une famille tibétaine nous invite.

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Nous nous retrouvons autour du poêle à manger des nouilles chinoises instantanées. La mère de famille nous sert un bol d’eau bouillante dans lequel fond du beurre de yak. Elle y rajoute de la farine, nous devons malaxer le tout avec les doigts jusqu’à obtenir une pate que nous mangeons crue.  La maison est toute petite, nous préférons aller camper entre les yaks, les moutons et les chiens.  Après une nuit par -10°C nous découvrons avec bonheur qu’une brebis a mis bas. Mais la sage femme pose son diagnostic : il est mort-né  mais la délivrance est intacte.

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En se qui nous concerne notre estomac crie toujours famine. Un petit déjeuner à base de beurre de yak, de lait et de farine et nous reprenons la route jusqu’à Luqu.

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Sabrina faiblit, elle tousse et crache ses poumons. Le rhume qu’elle a attrapé dans le train la malmène de plus en plus. Nous préférons faire étape ici. Max borde Sabrina et profite du bleu pour faire un tour en ville.

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Réveillés de bonne heure, nous sommes frais et dispo pour attaquer cette nouvelle journée de vélo. Un petit coup d’œil par la fenêtre, il fait blanc. Bloqués ici, nous redécouvrons la ville sous la neige.

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Ce matin nous pouvons enfin partir.

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Nous nous extirpons du centre ville verglacé et poursuivons la montée au delà de 3200 mètres d’altitude.

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Quelle chance de pouvoir traverser ce plateau qui a revêtu  pour nous son  blanc manteau.

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Toute la journée Max s’évertue à prendre la plus belle photo de ces petits rongeurs croisés au bord de la route.

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Le ciel est menaçant, il fait noir.

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Après 90km de route nous subissons une tempête de neige et trouvons refuge à Langmousi. La guesthouse est tenue par Liming, un chinois qui fait de la calligraphie et qui nous reçoit avec deux verres de vodka tibétaine. A huit autour de la table  à manger du riz et à boire de la vodka, la soirée est des plus animée. Départ tardif pour éviter d’avoir trop froid. A 11 heures du matin, il fait encore -1°C mais Liming décide tout de même de nous accompagner.

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Les premiers km sont particulièrement verglacés puis avec le soleil, la route se dégage et nous roulons tambour battant avec Liming à l’aspi.

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Au km 30 notre ami fait demi tour et nous continuons seuls à monter à plus de 3500 mètres. Mais quand allons nous redescendre ? Le plateau des mille yaks semble s’étendre à perte de vue et ce faux plat montant que nous endurons depuis 8 jours devient usant.

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Aujourd’hui ne fait pas exception et nous campons à 3700 mètres d’altitude. Cette nuit il a fait – 1°C dans la tente.

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Nous arrivons en fin de matinée à 3840 mètres après 9 jours d’ascension puis entamons enfin la descente.

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L’occasion de déchiffrer les panneaux de signalisation qui restent pour nous du chinois.

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Grace à la descente, l’arrivée à Songpan se fait en trois coups de pédale. L’inspection des vélos dans la cour de la guesthouse révèle une grosse fissure sur la jante arrière de Max.

 

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Quel plaisir de descendre le long de la rivière où nous croisons nos derniers yaks.

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Après 105 km, nous établissons le campement idéal dans un verger surplombant un restaurant.

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Le rêve est de courte durée, Sabrina vomit tout son souper… Nous arrivons le 12 novembre à Wenchuan après avoir parcouru plus de 850km depuis Lanzhou. Nous y laissons nos vélos et nous nous rendons à Leshan en bus pour faire notre extension de visa et réparer la roue de Max.

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Nous trouvons un super mécano qui remplace le cercle de la jante pour 7 euros. Nous y rencontrons Ryan qui parle anglais et nous sert de guide à vélo pendant 2 jours.

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Il nous fait parcourir la ville dans tous les sens.

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Leshan et son bouddha n’ont plus de secret pour nous.

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21h45 pour Lanzhou, 30 octobre

Au moment où vous lisez ces quelques lignes, nous sommes sur le chemin de la gare de Korla où nous prendrons le train de 21h45 pour Lanzhou. Un petit saut de puce de 2000km parcouru en 7h grâce aux trains chinois de plus en plus rapides. Le Xinjang (appelé Turkestan Oriental par les Ouïghours) est le dernier pays que nous avons traversé en Asie Centrale. Bien qu’il fasse partie de la République populaire de Chine au même titre que la région autonome du Tibet et la Mongolie Intérieure, ce n’est pas à proprement parler la Chine. Il est  peuplée d’une part importante d’Ouïghours qui parlent Turque et qui sont de confession musulmane. Bref après avoir parcouru en vélo 5000km et 45000m de dénivelé, nous avons terminé notre traversée de l’Asie Centrale, rallié le Désert du Kyzyl Kum  (Ouzbekistan) à celui du Takamaklan (Chine) en passant par les montagnes du Pamir. Maintenant, c’est l’Asie de l’Est qui se profile à l’horizon avec la traversée Nord-Sud des régions du Sichuan et du Yunan jusque fin décembre, date de notre retour.

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Casse tête chinois, Kegen – Korla

 

Du 16 au 17 octobre

En tant que « bon » prof, Max m’apprend comment remonter une roue arrière, une chaîne de vélo et changer des freins. Privilège ultime j’ai même le droit d’utiliser le dérive chaîne et le WD 40 ! Nous reprenons la route avec Rob, notre nouvel acolyte anglais rencontré la veille à l’hôtel.

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Aujourd’hui chose incompréhensible, Max est à la traine. Non seulement nos vitesses sautent mais son frein avant touche en permanence la roue.

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C’est un peu la loose  et on est bien content d’arriver à Sonza après 70km de route.

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Matinée mécanique pour Max, pas vraiment le temps de tout régler correctement mais les freins ne touchent plus la roue à défaut de freiner.

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Cet après midi, nous parcourons pas moins de 100km jusqu’à Zarkent.

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Comble de la malchance, Max casse son collier de selle qui tient aussi son porte bagage arrière.Bref, il termine en danseuse, la selle au plus bas et le porte bagage prêt à tomber. Il ne nous reste plus qu’a trouver un hôtel. Et oh miracle, on peut même rentrer les vélos dans la chambre. Séance mécanique en culotte courte : dévoilage des roues au poil, réglage des freins aux petits oignons et remplacement de la fameuse visse qui tient mon séant en hauteur !

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En espérant que demain on ne se retrouve pas avec le guidon entre les mains. L’honneur de la France en dépend ! Sur la route de la frontière, notre ami anglais ne nous distance plus et nous enchainons les relais. Le passage du Kazakhstan à la Chine se fait en moins de 2 heures avec en prime la traversée du noman’s land à vélo. Ce passage de frontière ne nous laisse pas indifférents.

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L’arrivée en Chine est impressionnante de démesure avec ses gratte-ciels et ses grandes avenues.  Premiers coups de pédale et déjà nos plans changent. Nous décidons d’abandonner Urumqi pour Korla petite bourgade aux portes du désert du Takamaklan.

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Comme dans les autres pays, en Chine la route est partagée entre les bus, les camions et les voitures auxquels s’ajoute tout un tat d’ORNI (objet roulant non identifié) tel que scooters et triporteurs électriques. L’arrivée à Yining est particulièrement angoissante surtout sur la piste cyclable qu’empruntent tous les ORNI précédemment cités. C’est toujours le plus gros qui passe en premier et comme nous sommes les plus grands… Pour moins de 20 euros nous dormons dans un hôtel tout confort avec petit déjeuner à volonté ! Le graal du voyageur à vélo. Au cours de cette journée Rob préfère reprendre la route seul et nous le laissons nous distancer.

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Grâce à un vent favorable et une route parfaite nous parcourons 120km. Ce soir fatigués nous plantons la tente pour la première fois en Chine, pays où le camping sauvage est interdit.

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Ce matin deux Lagmans nous attendent au petit déjeuner après 5km d’efforts intense. Ici les chiens errants sont moins impressionnants  qu’ailleurs, les plus gros auraient déjà été mangés.

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Aujourd’hui les paysages sont monotones mais la nourriture est pleine de saveurs. Ce soir nous dormons dans un champ de maïs indiqué par des bergers à cheval.

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  Dès le matin des montagnes apparaissent. Les paysages sont plus beaux mais la nourriture moins appétissante.  Nous établissons notre campement au bord de la rivière.

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Endroit idyllique si ce n’est qu’un renard a rodé toute la nuit allant jusqu’à essayer  de rentrer dans l’abside pour nous subtiliser notre riz au lait du matin. Max excédé a uriné tout autour de la tente à 3 heures du matin pour le faire fuir. Un col nous attend et nous n’avons pas dormi de la nuit. Nous parvenons tout de même à parcourir 1370 mètres de dénivelé en 50 km. La montée n’est pas franchement raide mais virevolte dans tout les sens au  point de nous rendre complètements fou.

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De l’autre côté la descente est un pur bonheur nous permettant de pulvériser nos records de vitesse, 71km /h pour Max et 67 km/h pour Sabrina. L’avantage du poids pour celui qui a bien mangé aujourd’hui.  En bas un plove providentiel nous attend. Un 4X4 nous arrête désespéré de nous apprendre que la prochaine ville est à 140km et que la nuit il fait -5°C. Nous le rassurons comme nous pouvons et refusons son invitation à nous y emmener. Ce soir on dort peinard et sans renard dans le désert.

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Après 20km de ligne droite pour nous mettre en jambe, nous commandons deux lagmans pour nous mettre en appétit.

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 Nous roulons sur un plateau à 2600mètres d’altitude et attendons avec impatiente la descente. Sans le savoir nous attaquons notre dernier col à 3200 mètres.

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La récompense est de taille : 55km de descente pendant laquelle on dépasse les camions.  Récompense ultime, ce soir nous dormons à l’hôtel ! Dernière journée de route avant Korla qui se situe à 140km de là. Nous rompons la monotonie de la route pendant les pauses casse croute.

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Korla n’est plus qu’a 33 km lorsqu’un violent vent de face se lève nous obligeant à faire du 12km/h.

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Nous atteignons notre but à la nuit tombante et trouvons refuge dans un hôtel après 750km parcouru depuis la frontière.

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Au niveau administratif, la Chine est un véritable casse tête. Notre visa d’un mois est extensible une à deux fois selon le bon vouloir des autorités. Bien entendu, la procédure prend de 2 à 5 jours en fonction de la ville où s’effectue la demande. Bref, comme beaucoup d’autres cyclistes nous ne pourrons traverser intégralement la Chine à vélo. 5000 km séparent la frontière Kazakh de la frontière Laosienne et cela nous prendrait plus de 3 mois. Nous avons décidé de prendre le train pour nous avancer un peu.

La roue tourne! Karakul-Kegen

 

Du 6 au 15 octobre

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Après trois jours de repos à Karakul, une tempête de neige et une coupure de courant générale pour l’anniversaire de Sabrina nous reprenons la route pour le Kazakhstan.

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Il ne neige presque plus ce matin, on décolle à 11 heures pour Tup un village situé à 30km de là. Ce n’est pas la route la plus directe mais c’est la seule praticable à cause de la neige.

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On bifurque à droite après le village pour la vallée de Karakara. Le poste frontière ferme le 15 octobre mais personne ne peut nous le confirmer. En milieu d’après midi, il recommence à neiger mais nous poursuivons coute que coute. Vers 18 heures, alors que la route s’est transformée en piste, un vent de face glacial se lève, on fait du 8 km/h sur le plat. Max aperçoit une ferme et fonce demander l’hospitalité : ils prévoient -12°C pour cette nuit.

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Le fermier est un vétérinaire,  il rentre chez lui et nous confie les clés de sa ferme.  Ce soir c’est le grand luxe, cuisine électrique et poêle à bois pour nous tout seul. Nous faisons nos adieux à notre ami véto et entamons piste verglacée dans un décor de rêve.

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On a à peine fait 5km que j’appelle : « Max, Max, j’ai un problème. Je pédale mais rien ne se passe… ». La roue libre du vélo de Sabrina vient de rendre l’âme. Nous démontons la roue sur le bas côté lorsqu’une voiture s’arrête. Me voila alors à bord entourée de 4 mecs, mon vélo dans le coffre. Max tente de nous suivre en pédalant mais disparait rapidement. Après 10km, ils me déposent à une intersection me disant que je vais trouver ici de l’aide. J’expose à deux bergers notre problème. L’un me répond en rigolant « Si tu n’as pas de voiture c’est que tu n’as pas d’argent ». «Et toi tu as une voiture ? » Non me répond t’il. Il ne me reste plus qu’a attendre Max …

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La voiture qui emmène Sabrina disparait rapidement. Il n’y a pas de temps à perdre aujourd’hui entre la frontière qui ferme et Sabrina que j’ai abandonnée entre les mains de 4 Kirghizes. Cependant la route est verglacée à tel point que je manque de tomber à plusieurs reprises et que je suis obligé de pousser régulièrement le vélo.

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Un camion benne me double alors puis reste coincé dans la côte suivante. Le passager sorti pousser me demande de l’aider, le camion est rapidement dégagé. Je lui demande alors d’embarquer à bord mais celui-ci repart en trombe sans m’attendre… Quelque peu énervé je repars en grommelant et rejoins Sabrina au bout d’une heure. Pendant qu’elle garde les vélos au bord de la route, je me rend à la ferme la plus proche et demande s’il est possible de récupérer une roue arrière sur un vieux vélo. Le fermier n’a pas de vélo mais une vielle Lada, le capot ouvert.

 

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Je lui demande si elle fonctionne toujours et si pour 10$ il peut nous amener à la frontière à 25km de là. En moins de 20 minutes, nous avons fait le plein d’eau chaude dans le radiateur, casé nos vélo à l’arrière et embarqués à trois à l’avant de la vielle Niva.

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Après 1 heure sur une piste enneigée, nous débarquons nos vélos complètement démontés devant l’œil amusé des douaniers. Au poste frontière Kazakh nous démontons la roue libre mais il n’y a rien à faire, elle est irréparable. Dépités nous mangeons un bout en essayant de trouver une solution, aucun taxi ne peut venir jusqu’ici et ce poste est trop petit pour pouvoir espérer y rencontrer une voiture. Une seule solution, Max doit me tracter jusqu’au prochain village Kegen situé à 25km de là.

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Les 10 premiers km sont particulièrement difficiles sur la piste, la moindre montée nous oblige à pousser. Heureusement l’asphalte réapparait par la suite nous permettant d’avaler les 25km en 3 heures.

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Ce soir j’ai les cuisses en feu après avoir tracté 200kg. Et dire qu’on hésitait à prendre un tandem ! Ce matin nous sommes au bazar de Kegen pour trouver une nouvelle roue de vélo. Avec l’aide de 2 gamins nous avons retourné le bazar en vain. A 12h sur un coup de tête, nous faisons du stop pour Almaty, la plus grande ville du pays située à 25 km de là. Nous avons confié nos vélos à l’hôtel, nous les retrouverons à notre retour.  Grâce au site Warmshower nous sommes ce soir accueillis chez Manon et Maxime.

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Quel bonheur de se retrouver comme dans notre propre famille. Ce soir c’est restaurant Georgien avec notre famille d’accueil, c’est tellement bon que Max commande un plat principal en guise de dessert. Il vaut mieux l’avoir en photo qu’a table. Après avoir englouti 1kg de crêpes, un demi pot de Nutella et de la confiture d’abricot au petit déjeuner, nous partons écumer les magasins de vélos conseillés pas Manon. A Almaty la petite reine est à la mode et la tâche semble aisée. Cependant, toutes les pièces proposées en magasin sont trop high tech pour nos vieux biclous. Il aurait été plus facile de trouver une roue 29 pouce à frein à disque. En fin d’après midi nous trouvons le graal pour 40 euros.

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C’est avec regret que nous quittons Manon et Maxime qui doivent retourner travailler. Nous devons trouver un deuxième foyer et ce soir nous dormons chez Taz, l’aventurier de l’extrême fan de courses de l’extrême. L’aventure de la journée aura été de trouver une carte de la chine. Le lendemain, direction les montagnes avec Taz.

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Comme journée de repos celui-ci nous a concocté une petit promenade de santé : 1700 mètres de dénivelé et l’ascension d’unsommet à 3200 mètres le tout dans la neige.

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Le 16 octobre  nous rentrons épuisés à Kegen.

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Douche froide! Janyl Talap – Kochkor

 

Du 1er au 5 octobre

Il pleut ce matin, impossible de voir à plus de 10 mètres.

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Nous savons qu’un gros col nous attend aujourd’hui.

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La montée est longue et sinueuse et au détour d’un virage nous rencontrons Charlie, un belge qui traine son sac à dos en Asie.

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Après cette petite pause bienvenue nous réattaquons la montée dans le brouillard total.

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1000, 1200, 1400 puis finalement 1500 mètres de dénivelé que nous gravissons aujourd’hui.Nous arrivons exténués en haut du col Moldo Ashuu à 3350mètres.

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Il est 17h, il fait froid et humide il est temps de trouver un endroit pour camper. Au chaud dans notre tente, nous entendons la neige tomber.

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Le temps s’est dégagé ce matin laissant apparaitre le lac Son Kol. Après trois bols d’avoine nous enfourchons nos vélos à travers la steppe. L’absence totale de piste rappelle à Max la Mongolie.

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Aucune yourte habitée en vue, cet endroit glacial semble déserté de tous. Le thermomètre affiche 5° à midi. Nous contournons le lac par l’ouest, les berges deviennent vallonnées, impossible de pédaler nous poussons les vélos pendant plus de deux heures dans la boue.

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Affamés nous apercevons une tente laissée à l’abandon. Bonne surprise, à l’intérieure nous trouvons un poêle à bouses idéal pour faire cuire nos pâtes. Il est 15h, le vent violent et la pluie glaciale nous poussent à rester là pour la nuit. Intrigués par le bruit d’un 4×4, nous apercevons 500mètres plus loin une yourte habitée. Nous sommes chaleureusement invités à boire le thé autour du poêle.

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Les quatre pêcheurs nous expliquent qu’ils viennent braconner ici tout l’hiver.

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Les deux vieux sont sympathiques et parlent russe avec nous, tandis que les deux jeunes ont un comportement étrange surement du aux substances illicites qu’ils viennent de sniffer. Nous donnons du paracétamol à celui qui souffre de maux de tête violent, il s’endort rapidement. L’autre a un comportement déplacé envers Sabrina. Nous rendons compte rapidement qu’il est impossible de dormir avec eux ce soir. Mais le mauvais temps nous contraint à planter la tente à côté de la yourte.

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Le soir nous mangeons avec eux. Après un apéro de langue de mouton, on nous sert un « Bishparmak » spécialité locale composée de nouilles chinoises et d’abats. Sabrina manque de vomir à plusieurs reprises tandis que Max fort de ses précédentes expériences gobe tous les abats les uns après les autres. La soirée est très intéressante avec les vieux qui sont très ouverts à tel point que Max tente en vain d’aborder la question du mariage homosexuel. En revanche, l’un des jeunes maintient une tension permanente en draguant ouvertement Sabrina. Il m’invite à dormir avec lui, me dit qu’il peut se marier avec plusieurs femmes et invite Max à partir. Il nous a bien gâchée la soirée. Avant de partir, nous inspectons les freins, ceux-ci sont sur les fers. Les 30 km de boue d’hier les ont usés d’un coup, j’avais eu le même phénomène en 2013 lorsque j’ai traversé la forêt amazonienne en moto. Nous changeons les patins de devant et laissons l’arrière hors service faute de pièce de rechange. Le lac Son Kol se situe à 3000 mètres d’altitude. Le vieux nous confirme qu’il est préférable de redescendre au plus vite dans la vallée, plusieurs jours de neige sont attendus. Il nous indique le col le plus proche. Après avoir fini les restes de « Bishparmak » en guise de petit déjeuner, chacun pousse son vélo dans la boue.

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Lors d’un passage marécageux Sabrina tombe dans un trou de boue et s’étale de tout son long. Max m’aide à me dégager et à me changer alors qu’il commence à neiger. La boue laisse ensuite place à la neige nous obligeant à pousser à deux chaque vélo.

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Arrivés au col nous découvrons avec stupeur par où nous devons passer : une véritable piste de VTT de descente.

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Le chemin est tellement abrupte que nous devons marcher à côté du vélo pour le retenir.

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Nous poussons encore plusieurs heures jusqu’à ce que la pente nous permette de remonter sur nos vélos. Toute heureuse d’arriver sur une piste de 4X4, je me détends et relâche mon attention. Lorsque Max me demande comment je vais, tout sourire dehors je lui réponds un grand oui et m’envole par-dessus mon guidon.

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Plus de peur que de mal, nous arrivons enfin au village. Le soir nous dormons dans une home stay qui nous semble sympathique au 1er abord. Ce matin il pleut, nous suivons notre hôte jusqu’à nos vélos. Nous comprenons pourquoi il a insisté pour les ranger lui-même hier soir. Nos vélos sont entassés l’un sur l’autre, dans un cagibi. Nous les récupérons avec de belles rayures sur nos selles en cuir. Nous essayons directement nos vélos avec l’angoisse que nos dérailleurs soient cassés. Sans s’excuser, notre hôte exige l’argent pour la nuit et nous invite à prendre la porte. Enervés, nous partons précipitamment pour Kochkor. Après 6km de montée, Sabrina se rend compte qu’elle a oublié ses lunettes de soleil, demi-tour obligé. Alors que nous réattaquons le col, une camionnette nous fonce délibérément dessus. Celle-ci n’est pas sur sa voie, nous ne bougeons pas. Le conducteur s’arrête devant nous et nous fait signe de passer dans la flaque de boue. Voyant que nous ne réagissons pas, il range son air moqueur, manœuvre et redémarre en trombe. Lors de cette journée particulièrement pénible, nous parcourrons 95km et atteignons Kochkor à cran. Nous ne voulons plus rouler dans ce pays et pour partir au plus vite, nous prenons à contre cœur un bus pour Karakol. Nous nous retrouvons à l’arrière du bus avec un jeune kirghiz fort sympathique. Celui-ci nous demande si nous avons aimé le Kirghistan. Max lui répond que non, nous avons rencontré trop de problèmes liés à l’alcoolisme. Durant le trajet, la moitié du bus se partage 3 bouteilles de vodka…

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Grosse déception au Kirghistan, Osh – Janyl Talap

 

Du 21 au 30 septembre

Au petit matin nous retrouvons le géant venu faucher son champ. Nous repartons les sacoches pleines de pommes. Nous roulons toutes voiles dehors à tel point que nous loupons la bifurcation, ce qui nous vaudra un détour de 10 km. Nous quittons enfin l’asphalte pour la piste en direction d’Irissu. La traversée de chaque village est pénible les enfants nous sifflent comme des animaux, tentent de nous bloquer la route puis nous courent après. Le contact avec la population est vraiment difficile ce qui ne pousse pas à demander notre chemin.

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Nous reprenons la piste jusqu’à l’asphalte puis trouvons un endroit pour s’assoir et pique niquer. Un vieux déjà sur place nous apprend que nous sommes à 10 km de Jalal Abad. Incompréhensible car nous voulions éviter cette ville. A près deux jours de vélo, nous sommes quasiment revenus au point de départ. Nous proposons à notre acolyte de partager notre repas, celui-ci refus et nous demande en vain de lui payer 100 grammes de vodka. Après deux jours de pause burger-bière à Jalal Abad nous reprenons la route.

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Naryn est la 4éme ville du pays mais personne ne semble connaitre son existence. Tout le monde nous ramène sur la route de Bishkek : encore un détour de 20 km. C’est comme si au départ de Bordeaux vous demandiez la route de Marseille et que l’on voulait vous faire passer par Paris. En pleine nuit alors que nous sommes sous la tente nous entendons le klaxon du vélo de Sabrina. Réveillé en sursaut, Max sort de la tente et se retrouve entouré d’une vingtaine d’yeux qui le fixent. Un troupeau de vache a élu domicile ici pour la nuit.

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 Ce matin, on a mangé du lion on carbure sur la piste.

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En chemin nous nous arrêtons pique niquer avec un groupe d’étudiants européens. Quel plaisir de parler anglais.

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Dès le matin le col est en vue mais parait bien loin. Nous poursuivons l’ascension à 5km/h de moyenne lorsque nous croisons un motard allemand qui a lâché son vélo pour une moto au Kirghistan.

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L’occasion de papoter et de se rendre compte que nous ne sommes pas les seuls à éviter le contact avec les locaux. Lui aussi est déçu de la mentalité de ce pays. Au bout de 3h et 1000m de dénivelé nous arrivons enfin au col.

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Dans la descente, Max tient la Go Pro dans la main gauche et gère sa vitesse au frein arrière. Un camion surgit en face et mon câble de frein lâche. J’arrive tant bien que mal à freiner avec les pieds la caméra dans une main, le guidon dans l’autre. Après 20 minutes de mécanique nous pouvons repartir.

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Nous nous arrêtons au bord d’une rivière pour nous rafraichir et tombons sur un groupe de Kirghiz qui en profitent pour rafraichir leur litre de vodka.

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Le soir nous campons en bas du col au bord d’une rivière, l’occasion pour nous de se laver. En route pour Kazerman nous rencontrons le fameux Janné. Un cycliste finlandais dont nous ont parlé Camille et Virginie.

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A midi, nous nous arrêtons manger à Kazerman, puis allons nous approvisionner au bazar.

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Au moment de partir, un vieux un peu alcoolisé demande à Max s’il aime leKirghistan. Je lui raconte nos mésaventures et surtout le manque de respect de la population. Stupéfait, celui-ci me tend un billet de 500 SOM (10$) que je refuse. Nous fuyons la civilisation poursuivis par une horde d’enfants nous demandant de l’argent. Alors que nous passons devant l’ancien aéroport de Kazerman, l’envie nous prend de sauter dans un avion et de quitter ce pays.

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Quelques km plus loin, sur une piste déserte, une audi nous fonce dessus en sens inverse. Janné est à ma droite et Sabrina derrière moi. Ce jeu mortel est une habitude ici, je ne bouge pas de ma voie. Le conducteur surpris que je ne réagisse pas donne un coup de volant à droite et s’arrête à ma hauteur en m’insultant. Il gesticule dans l’habitacle et semble vouloir sortir pour se battre. Malheureusement mon vélo bloque sa portière. Je m’avance alors pour le laisser sortir mais celui-ci se ravise et repart en trombe, bien en sécurité dans son cocon d’acier.

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Nous abordons un canyon en montée aidé par des bourrasques de vent nous permettant de faire du 12 km/h. Réveil humide, il a plu toute la nuit sur un terrain rempli de bouses de vaches. Ca sent le fumier dans la tente. Ca monte, monte et monte encore.

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Il commence à pleuvoir fortement lorsque nous arrivons dans un village où nous nous arrêtons manger. Par chance, la route est déserte, nous ne croisons qu’un troupeau de chevaux en liberté affolés par nos vélos.

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Le soir, repos autour d’un vrai brasier. L’eau n’a pas tardé à bouillir.

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Ce matin, les garçons ont visité la grotte qui surplombe notre campement pendant que je fais la sieste autour du feu.

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Nous enfourchons nos bécanes et moulinons pendant plusieurs heures. Ce n’est qu’à 3000m d’altitude que Max accepte enfin la réalité : nous venons de passer un col.

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La vue est imprenable sur ces montagnes en dentelle.

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Nous traversons ensuite rapidement un village pour éviter le contact avec la population. Une fois à l’écart, alors que nous prenons cette photo une énième voiture fait mine de nous foncer dessus.

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Dernier tour de roue avec Janné sur une piste extrêmement physique avant de se séparer au village de Janyl Tala. Il poursuit vers Naryn tandis que nous nous arrêtons dans une homestay pour nous reposer avant l’ascension jusqu’au lac de Song Kol.

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Pass porc chinois, Osh-Osh

Du 11 au 20 septembre On est mort, aujourd’hui est une grosse journée de repos. Pendant que Sabrina dort, Max traine sur skype, le bon coin et le fameux site caravanistan.com. Entre deux annonces de vélos, je cherche comment faire les visas chinois et apprend qu’il est peut être possible de le faire sur Osh.  Dès le lendemain nous nous rendons dans le quartier chinois pour trouver l’hôtel de Pékin à côté duquel se trouve l’agence de Linda. Après quelques coups de fils, Linda nous confirme que la procédure est possible monnayant 110 $ chacun auquel s’ajoute 50$ pour l’enregistrement. Tout heureux nous décidons d’organiser un trek en attendant le retour de nos passeports. Nous nous sommes rendus au CBT( Community Basd Tourisms) pour trouver un itinéraire de randonnée : Kojo Kelem-Sary mogol. Il est 14 heures, nous cherchons désespérément un transport pour Kojo Kelem. Il n’y a pas de bus et le taxis nous demande 100$ pour parcourir les 100km de mauvaise route. Changement de plan, nous sautons dans un bus pur Gulcha qui nous laisse à 40km de Osh pour 3$.

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Il est 16heures, lorsque nous partons à pied de Bajar. Au bout de 2 heures nous posons la tente sur les hauteurs. Deux bergers en herbe nous rejoignent à font sur leur ânes et nous aide à faire du feu. P1070252 (Copier) Avant de partir, le plus jeune propose à Max son âne qu’il juge trop petit pour lui et le laisse à Sabrina.

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Il a peine 9 heures le lendemain lorsqu’un fermier nous invite à prendre le thé dans sa tente qui remplace la traditionnelle yourte.  Nous prenons rapidement de la hauteur sur une piste où nous croisons contre toute attente un vieux camion chargé de planches, de grillage et de poules. Nous allons à sa rencontre pour lui demander notre chemin, mais le conducteur nous fait signe qu’il ne peut  s’arrêter en pleine montée.

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500 mètres plus loin, nous le voyons bloqué dans une ornière posé sur l’essieu. Chemin faisant, nous descendons vers la rivière par les sentiers de mulets et rattrapons la piste après 4h de marche.

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Au loin une silhouette connue, notre vieux camion est encore en rade et son conducteur étonné de nous revoir. Quelques km après nous arrivons au village en quête de pain et une femme nous invite à prendre le thé chez elle. Quelle surprise 30 min après de revoir le vieux camion rentrer chez lui. Son chauffeur semble désespéré, nous avons été plus vite à pied. Enfin à Papan, nous cherchons un transport jusqu’à Kojo Kelem, mais les locaux nous demandent 50$ pour 50km de piste. Nous décidons de nous y rendre à pied en 2 jours. A la sortie du village, un 4X4 nous propose de nous avancer de 3 km gratuitement, au moment de monter à bord, une autre voiture part pour Kojo Kelem. Max propose 10$ au conducteur qui semble refuser mais fini par accepter sous la pression du chauffeur du 4X4. Après 2h de piste, nous plantons la tente dans le jardin d’un vieux et de son cheval.

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Le réveil est douloureux, les jambes pleines de courbatures.

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Claudiquant sur la piste, nous remontons la rivière au milieu des vaches et des chevaux.

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Nous campons au bord d’une rivière qui permet à Max de s’essayer à la pêche.

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Ce soir point de poisson: riz, carottes, oignons !

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Cette piste laissée à l’abandon est incroyable.

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Qui peut croire que des camions chargés de bois, passaient par là sous l’URSS.

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Seule preuve, nous croisons l’épave d’un de ces camions à 4000m d’altitude.

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C’est avec une facilité déconcertante que nous arrivons en haut du Jiptyk pass à 4200m d’altitude.

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La vue est imprenable sur les montagnes enneigées du Tadjikistan.

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La descente est facile jusqu’à la rivière où nous nous arrêtons bivouaquer après 7h de marche.

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Après avoir partagé un snickers selon l’équité de Max, nous galopons dans la descente, croisons quelques fermes, une mine de charbon, et arrivons à Sary Mogol pour midi.

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C’est jour de Bazar et nous attablons autour d’une truite grillée. La pêche a été bonne.

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L’occasion pour quelques courageux du village de venir parfaire leur anglais. Maintenant que nous sommes de l’autre côté des montagnes, nous devons parcourir 250 km pour rejoindre Osh par la route. 100$ en taxis, 14$ en bus, mais il part demain matin à 7h. Par chance un guide du CBT nous ramène en voiture pour le prix du bus. Après une journée de repos, crêpes – bières avec Benoît, Louis et Laurent nous avons récupéré nos visas chinois comme prévu le 20 septembre à 9h du matin et sommes partis à vélos en milieu d’après midi. La route est encombrée et dangereuse. Par chance, nous plantons la tente dans un champ au calme où travaille un colosse asiatique de 2 mètres.

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L’homme est aussi géant que serviable. Il nous apporte un kilo de pomme dans chaque main, arrache un arbre pour notre feu et nous amène des rochers pour notre cheminée. Le soir il rentre chez lui à cheval en trainant un taureau en laisse.

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L’épreuve du feu, Alichur – Osh

 

Du 1er au 10 septembre

Aujourd’hui c’est la rentrée des classes, les gamins du resto sont sur leur 31 au moment de monter dans la vieille lada. L’estomac tapissé de chocolat et de lait de yack, nous reprenons l’asphalte avec l’impression de voler malgré l’altitude.

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En fin de matinée, nous avalons un col à 4200m et nous nous arrêtons à Mamazaire manger un bout : du yaourt , des pâtes au beurre de yack, du pain frais ; tout ce qu’il faut pour rallier Murghab après 95km à plus de 4000m d’altitude.

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Nous sommes d’autant plus heureux d’arriver que nous nous retrouvons dans une guest house occupée par deux français Camille et Virginie.

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 Après une journée de repos, nous sommes repartis tous les 4 pour une petite journée à bicyclette.

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Barbara nous rejoint le soir au campement. Elle voyage seule depuis 3 ans et rentre doucement en Autriche.

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Aujourd’hui nous sommes partis pour mouliner, le col de L’Akbytal qui culmine à 4660m nous attend.

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Il est 13h, nous sommes à 4300m d’altitude et Sabrina est de nouveau affaiblie par le mal des montagnes.

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Virginie et Camille partent devant pendant que Max reste avec moi. Gonflant, soufflant et crachant mes poumons j’arrive tant bien que mal là haut et lâche un : « c’est pas glorieux ».

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La baisse de moral est également un signe du mal de l’altitude, il faut redescendre au plus vite.

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Ce soir, plus d’alcool pour notre réchaud, Camille nous propose alors son réchaud à essence, nous voulons nous débrouiller par nous même et nous nous entêtons à faire un feu. Nous commençons à faire une cheminée avec des pierres et avec l’aide de Camille Max part chercher des bouses. A force de persévérance, le brasier prend à 4200m.

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Voilà deux jours que nous voyageons avec Camille et Virginie lorsque nous nous arrivons au bord du lac Karakoul à 4000 mètres d’altitude.

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Un endroit parfait pour se reposer.

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Ce matin Virginie ne se sent pas très bien nous décidons de repousser le départ en début d’après midi.

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Rapidement le vent de face nous freine et nous oblige à rouler en file indienne pour passer un col à 4200 mètres derrière lequel nous jetons les tentes.

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Le lendemain nous passons la frontière Tadjik et nous nous retrouvons dans un noman’s land de 20 km avant d’atteindre la frontière Kirghiz.

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Nous attendons avec quelques locaux que les douaniers kirghizes terminent leur repas et réouvrent la frontière. A nous la terre kirghizes peuplées de chevaux et de yourtes.

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Sari Tash, petit village au milieu des montagnes nous accueille, cyclistes affamés avec sa nourriture à profusion.

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Nous quittons Camille et Virginie qui partent en Chine alors que nous voulons rester plusieurs semaines au Kirghizstan. Avec  500 SOM (10$) en poche, nous prenons la direction de OSH et attaquons un nouveau col à 3600m.

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De l’autre côté, la descente tant attendue ressemble à un circuit automobile.

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Le repos est de courte durée, un vent de face nous contraint à pédaler.

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Nous nous réapprovisionnons dans un petit magasin et Oh miracle !, dans le congélateur, des magrets de canard. Tout à notre joie, nous en achetant trois. Adieu veaux, vaches, moutons, chevaux, c’est la transhumance en fin d’été.

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Sabrina est sur son petit nuage… Mais le Kirghistan c’est aussi les voitures qui foncent à contre sens sur les cyclistes et les enfants qui vous jettent des cailloux. Les deux qui s’y sont malheureusement essayés se sont pris un sacré savon. Un peu décevant comme première impression. Ce soir au diner, magret grillé sur son lit de bouse flambée en haut du dernier col avant OSH.

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Nous abattons les 60km qui nous séparent de OSH en 3h et quelques coups de pédales grâce à une bonne descente. Après 2 mois de voyage, 3220km, 28000m de dénivelé positif et 231h de vélo nous arrivons dans le 2ème plus grand marché d’Asie centrale ; on va se régaler !

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